Détournement de vaisseau aérien au Bois de Boulogne

Le vaisseau aérien, que l’architecte navigateur Frank Gehry avait dressé dans le Bois de Boulogne, a-t-il attrapé la rougeole, la scarlatine? Ou bien une bande d’iconoclastes enfantins l’ont-ils barbouillé de couleurs aussi disparates que rudimentaires, vulgaires pour tout dire? Leur a-t-on inconsidérément parlé de la polychromie du Parthénon ? Mais n’est pas Phidias qui veut ! Disparues les voiles de verre tendues, gonflées de vent, transparentes, translucides, traversées de nuages fugitifs, de vols d’oiseaux, leurs cordages, bois et fers, qui traçaient leur sillage au-dessus de la canopée du Bois, là-haut dans des ciels sans cesse réinventés ! Effacé le rêve de Frank Ghery, ressuscitant, après un siècle, le Susanne et ses rivaux, voiliers de la Coupe de l’America! Souillés les 3600 panneaux en verre courbé des douze voiles qui entraînaient notre imagination vers d’autres univers ! Après avoir, en vain, questionné le service de presse, muet, nous découvrons qu’il ne s’agit pas d’un acte de vandalisme de gamins ignares, mais de la création d’un artiste reconnu…par nos notables. Rectangles de couleurs basiques alignés, collés sans sens aucun sur le verre, c’est l’art que comprennent nos prétendues élites et les spéculateurs qui achètent et vendent sans regarder autre chose que les cours en bourse. Notre époque déconstruit, détruit tout ce qui est porteur d’une grandeur, d’une beauté pure qui lui font peur! Cette fuite ne construit pas une nouvelle Renaissance. Elle nous précipite dans la chute de l’empire du Veau d’Or…

Arlette et André-Yves Portnoff20160415_Vuitton140321

 

 

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L’ENA, la prospective et l’économie

Les anciens élèves de l’ENA ont publié en mars 2016 un numéro spécial consacré à une prospective de 2030. http://www.aaeena.fr/publications/la-revue/lena-hors-les-murs-revue-de-lassociation-des-anciens-eleves-de-lena/2030-ndeg458-mars-2016

Dans la préface, Karim Emile Bitar, rédacteur en chef, rappelle opportunément  une phrase de James Freeman Clarke, souvent attribuée à Winston Churchill, « un homme politique pense à la prochaine élection, un homme d’Etat pense à la prochaine génération ». Et de remarquer, hélas très justement, que le système, dans nos démocraties, « donne l’avantage aux bateleurs, aux histrions, aux démagogues ayant les yeux rivés sur la prochaine élection et étant prêts à sacrifier l’avenir sur l’autel des contingences et des intérêts immédiats ». Saluons le courage intellectuel et la clairvoyance (qui ne va pas sans courage!) de Karim Emile Bitar.

Je suis heureux d’avoir participé avec l’article ci-dessous à ce numéro de mars qui rassemble des contributions passionnantes et très diverses, depuis celle de Hugues de Jouvenel, orientant la prospective vers l’action, à des textes sur les entrepreneurs, la lecture, la poésie, le sport en 2030. Espérons que beaucoup de nos dirigeants, énarques y compris, méditeront ces contributions et en tireront des conclusions opérationnelles propres à convaincre, par des preuves et non des paroles, que nous avons quelques hommes d’Etat décidés à ne pas sacrifier notre avenir commun.

Prospective et économie

La prospective implique une modélisation : comment un certain nombre de facteurs identifiés comme influents pourraient-ils interagir au cours des quinze prochaines années pour construire l’économie ou les économies du monde en 2030 ? Cela pose deux questions : quels facteurs prendre en compte ? de quelle manière ces facteurs interagissent ?

Il y a moins de deux décennies, des économistes sérieux s’étonnaient lorsqu’on leur disait que les progrès techniques pouvaient avoir un impact sur l’économie. Des prospectivistes allaient même jusqu’à soutenir que la technique n’avait aucune influence. L’étude de prospective stratégique commandée par un grand constructeur automobile à la veille de l’an 2000 avait négligé de prendre en considération l’irruption du numérique… Aujourd’hui les acteurs classiques de l’automobile commencent à se rendre compte qu’ils risquent d’être vite déstabilisés voire détruits par de nouveaux venus exploitant le numérique.

Ce qui était occulté hier devient une évidence si forte qu’elle en est aveuglante ! Nombre d’économistes ne jurent plus que par la technique, parfois réduite au numérique. On jongle avec les économies 3.0 et les industries 4.0 de la soi-disant 3ème ou 4ème révolution industrielle. La pensée dominante est passée d’un excès à l’autre. Pour envisager les évolutions possibles de l’économie du monde entre aujourd’hui et 2030, il est certes indispensable de prendre en compte l’ensemble des progrès techniques en cours et à venir, mais aussi une révolution plus profonde que celles que l’on décrit, obnubilé par la transition numérique. Il s’agit de notre entrée dans ce que nous avons appelé en 1983 la Révolution de l’Intelligence[1], c’est-à-dire la prédominance de facteurs immatériels sur tous les autres facteurs, économiques, financiers, techniques, matériels.

Le « comment » plus décisif que le  « quoi » ou le « combien »

Que sont ces facteurs immatériels ? L’ensemble des ressorts de la décision humaine. Pas seulement les connaissances. Contrairement à ce que l’on répète, nous ne sommes pas dans une Société de la connaissance, car la connaissance sans la volonté de la mettre en œuvre n’a aucun effet et les ignorances, les croyances fausses ont toujours eu une influence majeure sur la marche du monde…et surtout, sur ses faux pas. Les désirs, les passions, les valeurs, les modèles mentaux sont des facteurs incontournables. L’un des modèles mentaux aussi influent que pernicieux est la conviction selon laquelle seul compte ce que l’on peut compter, alors qu’Einstein a expliqué que ce qui compte le plus est ce que l’on ne compte pas… Des spécialistes de l’immatériel prétendent même quantifier et mesurer le capital immatériel des organisations, ce qui est un non sens. On chiffre la valeur d’un portefeuille de brevets alors que les bévues du groupe Thomson ou de Xerox pendant des décennies ont montré que l’on peut disposer de magnifiques brevets et se révéler incapable des les exploiter faute d’empathie pour les clients potentiels. Aujourd’hui, les discussions sur la réduction de la dette à coups de ciseaux démontrent que l’on s’acharne sur le « combien » parce que l’on préfère ne pas remettre en cause nos pratiques en posant la question du « comment » : comment utiliser plus intelligemment les ressources tant financières qu’humaines disponibles, ce qui passe par d’autres processus de décision et d’autres organisations du travail impliquant le recours à des méthodes de créativité autocritiques et participatives[2].

Un hold-up spéculatif et idéologique

L’avenir de nos économies dépend largement des influences relatives des modèles de raisonnement et de décision quantitatifs et des modèles qualitatifs. De même, les raisonnements linéaires, cartésiens, disjonctifs, empêchent de percevoir la réalité des problèmes complexes et induisent des comportements plus égoïstes, car ils masquent les interdépendances, donc les solidarités entre acteurs. Un autre facteur immatériel concerne le temps : les acteurs se placent-ils dans le temps court ou le temps long ? Cela induit des comportements très différents.

La seconde question que doit se poser le prospectiviste porte sur la manière dont interférent les facteurs influents choisis. Un paradoxe de la prospective appliquée à l’économie est qu’elle est complétement influencée par les modèles économiques que l’on juge pertinents. Les scénarios que l’on va construire seront très différents selon, notamment, que l’on accepte ou refuse l’idéologie ultralibérale qui a pris le pouvoir en Occident depuis les années Thatcher-Reagan[3]. Ce hold-up spéculatif a imposé un capitalisme financier, des gouvernances néotayloriennes et court-termistes ainsi qu’une vision à mon avis, et surtout, selon plusieurs Prix Nobel d’économie, du regretté Maurice Allais[4] à Amartya Sen[5], totalement fausse et pernicieuse. Le néo-libéral Gary Becker[6], qui a travaillé sur le capital humain, a osé affirmer n’avoir nul besoin des sciences humaines pour expliquer l’économie, chaque personne se réduisant à un automate rationnel cherchant à optimiser son profit financier. Une vision irréaliste que récusent tout particulièrement les tenants de l’économie comportementaliste, comme Richard Thaler[7].

La Révolution de l’intelligence

Si l’on prend en compte les facteurs immatériels, on comprend les trois grands changements introduits par la Révolution de l’intelligence.

Tout d’abord, depuis Hiroshima, il est clair que nous n’avons jamais eu autant de puissance en main et qu’en contrepartie, il est devenu vital d’exploiter cette puissance avec assez de discernement pour éviter un suicide planétaire, à court (nucléaire) ou moyen terme (écologique).

Deuxièmement, les problèmes à résoudre n’ont jamais été aussi complexes et nous n’avons jamais disposé d’autant de connaissances pour les traiter. Mais la conséquence, c’est que l’autarcie est devenue définitivement impossible : nous avons tous besoin de la créativité et des talents des autres, ce que nous ne pouvons obtenir, comme hier le travail physique, par la contrainte ! Que nous le voulions ou pas, nous avons besoin de partenaires internes (salariés) et externes (fournisseurs, clients…) en bonne santé et nous devons passer d’une logique de la contrainte à une logique de la conviction, de la motivation, ce qui, dans la durée, implique des relations loyales.

Troisième tendance, une concurrence mondialisée, exaltée par une société hyper-connectée, dans un contexte mouvant. Cela impose une écoute, une veille, une innovation permanentes. L’innovation se nourrit de créativité et celle-ci implique assez de liberté de pensée et de respect de la diversité, donc la tolérance.

Alors, quelle sera la situation de l’économie mondiale en 2030 ? Cela dépendra essentiellement de l’équilibre entre trois tendances millénaires correspondant à trois visions différentes du monde et de l’Autre et à trois options éthiques opposées[8].

Visions et valeurs

La première tendance est portée par une vision obsédée par la loi de la jungle, l’Autre est un ennemi à vaincre et exploiter. L’ordre est pyramidal et statique. Cette vision est légitimée par le respect de la force qui impose sa loi. Après le jugement de Dieu, nous avons aujourd’hui la loi du marché parfait qu’il faut respecter, même si chacun sait que ce marché parfait n’existe pas, étant donné les coûts de transactions, comme Ronald Coase l’a bien montré. La force impose aux faibles un devoir d’obéissance, de fidélité et une responsabilité collective. Cette tendance domine l’économie occidentale actuellement et favorise le développement de toutes les formes de collusions, corruptions, dérives mafieuses dans l’économie et les Etats[9].

L’autre tendance est celle de l’humanisme respectueux de l’environnement et de la démocratie : force doit rester à la loi. Cette tendance s’appuie sur une vision de la complexité et du long terme, donnant conscience aux acteurs de leurs interdépendances et donc de la nécessité des solidarités. Elle est étayée par des valeurs de respect de la dignité de l’autre, de tolérance, favorisant la responsabilité individuelle dans le respect de l’intérêt collectif.

La troisième tendance est induite par la première : les déçus, les victimes de la loi de la force soit rejoignent l’humanisme démocratique, soient essayent d’oublier leurs souffrances dans un intégrisme politique ou religieux retirant à l’individu le droit et le devoir du libre-arbitre, du sens critique, l’amenant à appliquer les consignes à la lettre en oubliant le Sens. Cela conduit à des conflits destructeurs, au terrorisme actuel, à des régressions sociales, économiques, tout ceci étant incompatible avec le progrès scientifique et technique. Même si ces dérives exploitent les plus récents progrès techniques.

Si la première tendance se développe, nous allons vers des crises de plus en plus fréquentes de l’économie mondiale. L’accroissement des inégalités provoquera des remous sociaux brutaux, voir sanglants, alimentant la troisième tendance. L’effondrement du pouvoir d’achats fera s’écrouler les marchés de nombre d’entreprises, les stratégies de court terme entraîneront la destruction de pans entiers de l’économie occidentale sous la pressions d’acteurs asiatiques investissant, comme un Samsung, dans le long terme. Enfin le mépris des contraintes de santé, de sécurité, de l’écologie fera se multiplier les accidents majeurs, les catastrophes sanitaires, technologiques, écologiques.

Sous la pression de la société civile, renforcée par les réseaux numériques, des Etats trouveront peut-être le courage et la force d’arbitrer et orchestrer le jeu économique, de le moraliser en faisant reculer collusions et corruptions, d’appuyer la croissance des ENA revue mars 2016 image_preview innovantes en protégeant leur accès aux marchés publics, de favoriser le capitalisme de long terme. Si des Etats se réorganisent pour réduire leur bureaucratie en utilisant notamment l’analyse de la valeur, ils trouveront des ressources pour faire plus avec moins et transformer l’administration un catalyseur des créativités et non un contrôleur pesant sur les initiatives. Dans ce cas, des scénarios positifs deviendraient possibles et une Renaissance tant économique que politique et culturelle de l’Europe serait à portée de volonté.

André-Yves Portnoff

 

 

[1] Thierry Gaudin et André-Yves Portnoff et al. La Révolution de l’Intelligence, Sciences & techniques, 1983-1985. https://www.futuribles.com/fr/viewer/pdf/8066/ et https://ayportnoff.wordpress.com/2012/05/26/le-capital-immateriel-comment-levaluer/

[2] Voir Manifeste Valeur(s):http://chn.ge/1jHeYnH et Croissance ou rigueur ? Sortons d’un faux débat ! https://ayportnoff.wordpress.com/2014/10/21/croissance-ou-rigueur-sortons-dun-faux-debat/

[3] Sérieyx Hervé et Portnoff André-Yves, Aux actes, citoyens ! Maxima, 2011.

[4] ALLAIS Maurice, « Les causes véritables du chômage. » Les annales des Mines — Réalités industrielles, mai 2010, pp. 7-8.

[5] SEN Amartya, L’économie est une science morale, p. 74, La Découverte, 1999.

[6] « Pousser le raisonnement économique jusqu’au bout ». Entretien avec Gary Becker, professeur à l’université de Chicago, Prix Nobel en 1992, et inventeur de la notion de « capital humain » Propos recueillis par Philippe Simonnot. Le Monde, 07.06.02.

[7] MICHEL Alain, Ecce homo œcumicus ou sapiens, Futuribles n° 261, pp. 59-64, février 2001.

[8] Rapport Vigie 2016. Futurs possibles à l’horizon 2030-2050. L’économie du court terme, page 192-195. https://www.futuribles.com/fr/document/rapport-vigie-2016-futurs-possibles-a-lhorizon-203/

[9] Exemple : Arles Arloff. Italie, un pouvoir corrompu. Futuribles n° 381. Janvier 2012.

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Les 70 ans de la République italienne.

A gauche, Fortunato Tramuta écoutant Marc Lazar, qu'il a invité dans sa belle librairie italienne.

A gauche, Fortunato Tramuta écoutant Marc Lazar, qu’il a invité dans sa belle librairie italienne.

Salle comble à la librairie italienne La Tour de Babel (10 Rue du Roi de Sicile, Paris IV), le 21 avril dernier, pour écouter l’historien et sociologue, Marc Lazar*, brosser dans un saisissant raccourci, les 70 ans de la République en Italie. Il a évoqué une naissance difficile lors du référendum du 2 juin 1946, qui a coupé le pays en deux : le Nord franchement républicain, le Sud votant massivement pour la monarchie et accueillant les résultats du scrutin avec de sanglantes violences. Marc Lazar nous a conté la dure construction, dans un pays alors misérable et moins industrialisé que la Pologne, d’un Etat républicain et d’une démocratie, la longtemps profonde emprise sociale et administrative des grands partis politiques, sans équivalent en France, les années de plomb avec un record européen des assassinats politiques, 460 victimes entre 1969 et le début des années 1980. Il a parlé du clientélisme, de la corruption, d’une bureaucratie pléthorique, de l’effort en recherche insuffisant, de la faiblesse des universités, contrastant avec la présence de chercheurs de haut niveau. Il n’a pas eu le temps de s’étendre sur le rôle majeur des mafias dans l’Etat italien et l’économie, mais il a remarqué que le premier ministre, Mateo Renzi, ne s’est jamais appesanti sur le problème mafieux.

Selon Marc Lazar, aujourd’hui, la République italienne a beaucoup évolué et est marquée, comme la France et d’autres pays européens, par quatre tendances antagonistes : la démocratie dite du public, en plein essor, l’antipolitique, la démocratie participative et des tentatives de renouvellement de la démocratie libérale et représentative, notamment par le rappel constant des valeurs fondamentales incarnées par la Constitution.

Ce « patriotisme constitutionnel » a permis aux quatre précédents présidents de la République de contenir certaines initiatives de Berlusconi.

La démocratie du public, proche du populisme, transfère les débats dans les médias.

L’antipolitique recouvre à la fois le rejet des partis et des politiques par les abstentionnistes devenus très nombreux, et des citoyens engagés aspirant à une autre forme de politique.

La démocratie participative démontre qu’une forte proportion de citoyens, les plus jeunes, les retraités, les plus instruits, n’ont pas été anesthésiés par les médias berlusconiens et sont plus que jamais décidés à s’investir en politique.

Marc Lazar note que l’Italie a anticipé plusieurs fois des évolutions politiques françaises. Le parti néofasciste, très vite constitué dès 1946 sous le nom de MSI, Movimento Sociale Italiano, a servi de modèle au Front National français et l’a soutenu financièrement. Plus positif : la gauche italienne a lancé en 2005 le système des primaires adopté depuis en France. En 11 ans, l’on a compté 900 primaires locales, régionales, nationales de l’autre côté des Alpes.

André-Yves Portnoff

Bravo à notre chaleureux ami Fortunato Tramuta qui organise ces intéressantes conférences dans sa belle librairie, précieux lieu de culture que nous aimons fréquenter et où nous retrouvons un parfum de sa Sicile natale. Pas étonnant que le Roi de Sicile en personne se soit subrepticement glissé sur le nizioleto, comme l’on dit à Venise, indiquant le nom de la rue.

Arlette Portnoff

*Marc Lazar, historien et sociologue, est chercheur au Centre d’histoire de Sciences Po, et chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales, dont il dirige le groupe de recherche sur l’Italie contemporaine.

Lire aussi : https://ayportnoff.wordpress.com/2015/02/02/italie-le-nouveau-president-face-a-la-vieille-omerta/ ; https://ayportnoff.wordpress.com/2013/12/01/italie-les-berlusconi-sont-legion/ et https://ayportnoff.wordpress.com/2013/09/30/pour-comprendre-ce-qui-se-passe-en-italie/

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Due Italiani all’Elysée, un esempio per Venezia !

Il 2 marzo scorso, abbiamo incontrato due giovani Italiani nel Palazzo dell’Elysée. Qualche minuto dopo, il presidente della Repubblica francese, François Hollande, il ministro dell’Industria e il vicesindaco di Parigi si congratulavano con loro. Borna Scognamiglio e Francesco Travagli hanno creato a Parigi, con il loro compagno libanese Wissam Sammouri, la startup MeshUp (http://www.meshup.fr). Propongono un programma digitale per aiutare gli studenti a scegliere la loro strada universitaria secondo la loro personalità e il loro curriculum. Questi tre giovani fanno parte dei 49 neo-imprenditori premiati dal programma Paris French Tech Ticket, scelti tra 1372 candidati. Questi giovani – età media di 31 anni – venuti dall’India, gli Stati-Uniti, la Russia, il Brasile e tanti altri paesi, hanno proposto di creare a Parigi delle aziende innovative.

I laureati riceveranno 25000 € ciascuno durante un anno e godranno di varie facilitazioni amministrative per lavorare in Francia. Nello stesso tempo, un altro programma incoraggia a tornare in Francia i giovani francesi partiti per lavorare all’estero. Il presidente Hollande ha insistito su due fatti: i Francesi che rimangono all’estero possono anche contribuire allo sviluppo del paese, e i talenti stranieri che vengono in Francia non devono essere considerati come concorrenti ma come un rinforzo dei talenti francesi.

L’anno prossimo, l’operazione di attrazione dei talenti dal mondo sarà estesa a 13 città francesi che cercheranno di attirare 200 creatori d’imprese. Tutto questo non risolve il problema maggiore dell’Europa, che crea molte piccole imprese ma non riesce a proteggere la loro crescita dalla pressione dei grandi gruppi. Ma è vitale, per ricostruire lo sviluppo dei nostri paesi, attirare i talenti del mondo intero e limitare la fuga dei nostri compatrioti, specialmente dei giovani diplomati. Irene Tinagli ha ben descritto, nel suo libro Talento da svendere, l’esodio dei giovani Italiani, disperati di non essere riconosciuti per le loro capacità nel loro paese. Questo si osserva, più o meno, in tutta l’Europa.

Da un anno, si celebra a Venezia il più geniale editore della storia, Aldo Manuzio, morto in 1515, uno degli uomini che hanno trasformato Venezia in Silicon Valley del libro, la capitale mondiale dell’editoria https://www.youtube.com/watch?v=WP8nBpTgE20. Ma sarebbe urgente ricavare una lezione da questo glorioso esempio. Il Manuzio non è nato a Venezia, ma come tanti altre persone di talenti, ha deciso di stabilirsi nella Serenissima. Oggi, un territorio si sviluppa nell’interesse di tutti, cittadini compresi, soltanto se è capace d’attirare imprenditori e talenti. E gli economisti si sono resi conto che le imprese vanno nei territori dove si vive bene, dove i cittadini non scappano via. Cosi possono sperare di mantenere i lori migliori dipendenti, quelli che costruiscono e mantengano la competitività delle proprie aziende.

Per Venezia la lezione è chiara. Bisogna fermare l’emorragia continua dei cittadini e, per questo, ristabilire le condizioni d’una vita quotidiana meno difficile. Bisogna anche lottare contro tutti quelli che, nel loro interesse privato ed egoista, cercano di mantenere l’esodo dei cittadini e trasformare la città che sopravvive in una volgare Disneyland! E’ necessario attirare dei talenti capaci di creare delle nuove imprese a Venezia. Non importa che imprese. Come abbiamo scritto, nel Gazzettino del 20 settembre 2012, Venezia possiede un capitale storico e naturale ideale per sedurre delle imprese basate su un’alta creatività nel vasto campo dell’informatica, delle telecomunicazioni, ed anche del design, della ricerca. Per fortuna, queste imprese fondate sull’intelligenza non sono inquinanti e possono svilupparsi senza degradare il patrimonio artistico e storico che fa di Venezia un’attrazione per il mondo intero. Sarebbe bello seguire l’esempio parigino e lanciare un concorso per convincere ogni anno dei talenti stranieri a creare delle aziende innovative ma non inquinante a Venezia. Bisognerebbe proporre un luogo adatto, per esempio nell’Arsenale, e dare delle facilitazioni amministrative. Forse sarebbe utile creare una fondazione. Una tale azione sarebbe, nel lungo termine, assai più efficiente che cercare di mantenere in vita attività del passato che danneggiano la città e l’ambiente, come quelle legate alle grandi navi e il turismo di massa. Ma per questo, bisogna trovare il coraggio di resistere a tutti quelli che hanno interessi privati contrari all’interesse comune, come gli approfittatori del Mose che, anno dopo anno, fanno affogare quel che rimane della Venezia superstite.

Ricordiamo che Venezia è diventata la capitale dell’editoria anche grazia al fatto che, all’epoca, la corruzione dei patrizi era rarissima perché era punita senza alcuna indulgenza. Non dimentichiamo il più che mai d’attualità Editto di Egnazio http://www.treccani.it/magazine/cultura/Acqua_e_Cibo_a_Venezia.html# che, cinque secoli fa, ordinava di condannare, come un traditore, chiunque danneggiasse le acque della laguna. Jean-Claude Barreau osserva in un bel libro (Un capitalisme à visage humain, le modèle vénitien https://www.herodote.net/Un_capitalisme_a_visage_humain-bibliographie-307.php ) che, quando nel resto dell’Europa, grandi ministri come Richelieu si riempivano le tasche col denaro dei contribuenti, Venezia era un’eccezione dove le aggressioni al bene pubblico erano punite con morte. Non abbiamo, naturalmente, alcuna nostalgia per la pena di morte, ma anche sul piano della moralità pubblica, Venezia deve ridiventare un esempio per l’Europa se vuole rinascere. Disneyland-bis o Silicon Valley del futuro, bisogna scegliere, non c’è compromesso possibile.

Arlette e Andrea Portnoff

Parigi

 

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La créativité passe par l’accueil des « étrangers »

 

Mardi 2 mars, François Hollande, Emmanuel Macron et Bruno Julliard, Premier Adjoint à la Maire de Paris ont présenté les 49 entrepreneurs porteurs de 23 projets de start-up sélectionnés pour le Paris French Tech Ticket. La Ville de Paris et l’Etat ont lancé en mai 2015 cette opération. Objectif : attirer des talents du monde entier et « faire de Paris une capitale mondiale des startups, accueillant des entrepreneurs internationaux désirant y créer ou y développer leur startup ». 1372 candidats ont répondu à l’appel, originaires, en ordre décroissant, de l’Inde, des USA, de Russie, du Brésil, d’Egypte et d’autres pays, en majorité extérieurs à l’UE ; leur âge moyen est de 31 ans.

http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/20562.pdf

Les lauréats bénéficient de 25000 € chacun sur un an et des facilités très concrètes indiquées à la fin de cette note.

L’an prochain l’opération sera étendue à 13 métropoles sélectionnées à l’issu d’un concours et, cette fois, 200 candidats seront choisis après un appel lancé en avril prochain.

Cette opération est saine, elle rompt avec une situation qui jusqu’en 2012 rejetait les étudiants étrangers désireux de valoriser en France leur savoir. Le président a tenu la promesse du candidat Hollande qui voulait « l’abrogation de la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers qui fait honte aux valeurs de la République et porte gravement préjudice à la recherche en France », ce qui est à rapprocher des incohérences que Hervé Sérieyx et moi avions dénoncées dans Aux actes, citoyens ! De l’indignation à l’action. (page 126, http://www.maxima.fr/index-fiche-430-Aux-actes-citoyens-de-l-indignation-a-l-action.html). François Hollande a insisté sur le fait que les talents étrangers ne concurrencent pas mais renforcent les talents nationaux et que « le monde est chez lui en France ». Un rappel sain dans un temps de retour en force des xénophobies aveugles. Mais il reste beaucoup à faire. Notamment, il faut simplifier bien des procédures, ont noté plusieurs des « parrains », onze entrepreneurs internationaux installés en France qui parrainent l’opération. Dommage que notre Manifeste Valeur(s) n’ait pas été entendu, malgré les signatures de 800 professionnels (http://chn.ge/1jHeYnH ) et les politesses qui nous ont accueillis, mes amis Djemil Chafaï et Olaf de Hemmer, dans les hautes sphères. L’Espagnol Miguel Valdés Faura, l’un des parrains, a posé la question essentielle : à quoi sert-il de favoriser la naissance d’entreprises innovantes si celles-ci ne croissent pas jusqu’à un niveau mondial ? Répétons qu’il est indispensable et urgent de prendre deux mesures :

  • 20160302_164807 20160302_171709 20160302_164517


    créer un « SBA », une discrimination positive réservant, comme le pratiquent les Etats-Unis depuis 1953, quelques 20% des marchés publics,
  • réorienter le crédit impôt recherche vers les PME et ETI indépendantes, au lieu de perpétrer l’effet d’aubaine aggravé par le gouvernement Sarkozy. Naturellement, l’accès aux marchés publics implique en pratique de vrais simplifications des procédures et un changement d’état d’esprit des acheteurs.

Dommage que le Président ait suivi le rapport Gallois sur le plan du crédit impôt recherche (CIR) et ait renoncé aux résolutions qu’il exposait en avril 2012 à l’AJSPI, association des journalistes scientifiques (réponse mise en ligne le 12 avril : http://www.ajspi.com/lenseignement-superieur-la-recherche-et-linnovation-vus-par-les-candidats-lelection-presidentielle). Il estimait qu’il fallait « en faire un outil plus incitatif, en corriger les effets d’aubaine, en faire un outil anti-délocalisation et un instrument de synergie entre recherche publique et privée ». « le CIR doit impérativement être réorienté en faveur des PMI PME et ETI. » « les effets d’aubaine, permis par l’optimisation fiscale de certains grands groupes, doivent être combattus et des contreparties doivent être mises en place pour leur accès au CIR. »

Document :https://ayportnoff.wordpress.com/2012/05/03/recherche-innovation-les-promesses-des-candidats-aux-journalistes-scientifiques/

Facilités dont bénéficient les lauréats :

  • une procédure accélérée pour l’obtention d’un titre de séjour,
  • un prix de 25 000€ pour un an et pour chaque membre de l’équipe,
  • un hébergement gratuit dans une structure d’accompagnement partenaire,
  • un programme d’animation dédié,
  • un « Help Desk » pour assister les lauréats dans les formalités administratives,
  • une aide à l’installation personnelle apportée au travers du Paris Landing Pack .

    François Hollande, le 2 mai 2016: « Le monde est chez lui en France »

    François Hollande, le 2 mai 2016: « Le monde est chez lui en France »

 

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Venezia, no maschere nei musei? Bene ma non basta!

Meglio che nulla,
ma non abbastanza! http://nuovavenezia.gelocal.it/venezia/cronaca/2015/12/04/news/in-visita-al-museo-senza-velo-o-maschere-solo-a-volto-scoperto-1.12560557?ref=hfnvveea-1 http://www.ilgazzettino.it/…/venezia_…/notizie/1705801.shtml Bisogna anticipare e vietare alle donne come agli uomini d’uscire, negli spazi pubblici, il viso mascherato, nascosto. Non ha nulla da fare con la religione e neanche con la laicità (che pero si deve anche difendere). E’ una questione di sicurezza e di vite umani da proteggere!
A Venise, l’interdiction de visiter masqué les musées est une bonne mesure mais une demi-mesure! Il faut prévenir et interdire tout ce qui masquerait l’identité d’un visage. Ce n’est pas un problème de religion mais de sécurité et de vies humaines à protéger. En France, la loi est appliquée de façon trop laxiste. Aucun voile ne devrait être toléré aux aéroports, quitte à renoncer à quelques « touristes » millionnaires sinon milliardaires.

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Parler de gentillesse un 13 novembre 2015!


A quelques centaines de mètres des lieux des massacres de ce vendredi abominable, André Brouchet http://www.ecobusinessangels.com a organisé une journée de séminaire commencée par un très bel exposé de Nicolas Rousseaux (Médiation,http://nicolasrousseaux.org/fr/a-propos/) dont je partage largement la vision humaniste. J’ai en fin de journée fait la présentation ci-jointe FiestaCoCo 2015 AYP 14 XI 2015 capital immatériel où j’ai insisté sur le fait que la valeur est toujours immatérielle et créée par des interactions réussies entre des différences acceptées. La création de valeur implique donc, dans le long terme, la tolérance, les valeurs de la démocratie et de l’Etat de droit, le refus des visions où la force, la violence créent le droit du plus fort. En termes de management, cela signifie que la bienveillance, sinon la « gentillesse », des relations interpersonnelles conditionne l’exercice du droit à l’erreur et donc la capacité d’innovation dans une organisation.

Trois tendances millénaires AY PortnoffLa dia 29 sur les trois tendances antagonistes qui s’opposent depuis des millénaires a été tristement illustrée quelques dizaines de minutes après mon exposé par les meurtres qui allaient être perpétrés.

Edgar Morin m’avait dit, en 1989: « les progrès techniques les plus récents seront exploités par les plus anciennes barbaries ». Il n’avait que trop raison.

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