Politique: en mal de vision!

Dans Dirigeant (la revue du CJD), ce mois-ci:

 

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Relancer l’emploi ou laisser couler la République

Depuis des années, j’explique que si l’on ne se donne pas les moyens de relancer les créations d’emplois en protégeant la croissance des petites entreprises, on va accroître les souffrances dans nos pays, désespérer les plus fragiles, jeter dans les bras des néo-fascismes et des néostaliniens des millions de malheureux. Je l’ai dit et écrit en 2012. C’est plus que jamais vrai. Il faut que les hommes politiques choisissent entre faire plaisir aux dirigeants des grands groupes en majorité destructeurs d’emplois en Europe, aux affairistes financiers court-termites, et sauver la Démocratie en s’occupant réellement du Bien commun.

Emmanuel Macron va sans doute devenir le Président de la France. S’il ne se donne pas les moyens de gagner la bataille de l’emploi en appliquant les cinq recommandations nécessaires quoique non suffisantes, certes – que j’ai décrites dans le Monde du 8 avril (article reproduit ci-dessous), son successeur à l’Elysée sera un héritier de Pétain ou Staline.

Article sélectionné dans La Matinale du 07/04/2017

« Sauvons les Zuckerberg français ! »

Le tissu économique français souffre, encore et toujours, de la préférence pour les grandes entreprises, dont le modèle organisationnel est pourtant clairement un échec, estime dans une tribune au « Monde » le prospectiviste André-Yves Portnoff.

LE MONDE ECONOMIE | 07.04.2017 à 06h42 • Par André-Yves Portnoff (Conseiller scientifique de Futuribles international et professeur à la Haute école de gestion de Fribourg (HEG), Suisse)

TRIBUNE. Gagner la bataille de l’emploi est humainement, politiquement vital. Mais aucun candidat à la présidence n’assume encore trois faits majeurs.

Première évidence, la désindustrialisation de la France, destructrice de millions d’emplois et présentée comme une fatalité, résulte en réalité du choix d’élites qui croient l’industrie ringarde à l’ère des services.

Deuxième évidence, cessons d’entraver ceux qui créent l’emploi et de soutenir ceux qui le sapent. La croissance des PME génère l’emploi, les grands groupes le détruisent. L’Europe ne crée quasiment plus de leaders mondiaux, les PME innovantes ne réussissant pas, sauf en Allemagne, à dépasser les 500 salariés sans se faire absorber ou « tuer ».

Après les Mozart, ce sont les Zuckerberg français qu’on assassine. Jamais autant de nos PME n’ont été rachetées par des concurrents américains ou asiatiques. Autant de cadeaux financés par nos impôts. Malgré ces faits (mé)connus, nos gouvernements successifs offrent près de 75 % des aides publiques en recherche et développement (R&D) et innovation à « un petit nombre de grands groupes non représentatifs du potentiel français », lit-on déjà dans un rapport ministériel de juillet…1987.

Nos politiques ne peuvent rester aveugles

Troisième évidence, pour une économie compétitive, il faut assainir nos grandes organisations publiques et privées. Leur structure en silos cache aux directions la réalité complexe des problèmes, bloque les coopérations, dégrade l’intelligence collective. Un management taylorien stresse les acteurs opérationnels, dissuade les talents, gâche l’expérience de terrain. En pressurant les soustraitants, on réduit résilience et créativité.

Tout cela empêche de bien exploiter le numérique. On réclame des aides pour que notre industrie comble son déficit en robots, comme il y a trente ans on excusait notre défaut de productivité en affirmant que Toyota utilisait beaucoup plus de robots que ses concurrents. L’expert en management Hervé Sérieyx révéla au contraire que non seulement Toyota avait moins de robots, mais ne transformait pas ses salariés en robots. Toyota s’est hissé au premier rang mondial en inventant le toyotisme, qui valorise le talent de chacun.

Par appât du gain immédiat, on a préféré en Occident la « taylorique », c’est-à-dire le taylorisme plus la productique. Pourtant, pléthore d’études prouvent que c’est la financiarisation et la formation des élites qui, en induisant un management par la méfiance et le mépris, dégradent la compétitivité en Occident. Nos politiques ne peuvent plus rester aveugles.

Cinq mesures urgentes

Voici donc cinq propositions de mesures pour un programme présidentiel qui tiendrait compte de ces évidences.

La première mesure ne coûterait rien au contribuable et aurait un effet rapide sur la croissance : sur le modèle du « Small Business Act » (SBA) américain de 1953, Etat et régions réserveraient un cinquième des marchés publics aux PME et ETI indépendantes. L’idée a été proposée par François Bayrou en 2007, reprise par le candidat Nicolas Sarkozy, mais vite abandonnée, car bloquée à Bruxelles par les bureaucrates, les néolibéraux et les lobbies. Un SBA reste possible et nécessaire en France. Le corollaire serait que l’Etat devienne exemplaire comme donneur d’ordre en simplifiant drastiquement les procédures d’accès aux marchés publics.

La deuxième mesure réorienterait vers les PME et les ETI les aides à la recherche et l’innovation, particulièrement le crédit impôt recherche (CIR) qui, au départ, encourageait l’accroissement des efforts des PME. Sa modification en 2008 par le gouvernement de François Fillon a offert 1,4 milliard d’euros supplémentaires aux grosses entreprises. François Hollande, candidat, a qualifié cela d’effet d’aubaine et a promis d’y remédier. Devenu président, il y a renoncé. En résistant aux chantages et en recentrant le CIR sur son objectif initial, l’Etat récupérerait des recettes pour aider les PME.

Un troisième ensemble de mesures soutiendrait le développement des entreprises visant le long terme, notamment familiales, coopératives ou à racines fortes dans le territoire, et privilégiant la coopération loyale et durable avec leurs parties prenantes – salariés, sous-traitants, territoires, concurrents. Elles sont plus résilientes et créent plus de valeur pour l’ensemble des parties prenantes. Le corollaire serait d’exclure de toute aide les grandes entreprises qui abusent de leur position pour agir de façon contre-productive envers leurs fournisseurs et leurs salariés.

Les organisations ne se réforment pas par décret

La quatrième mesure concernerait le secteur public. La compétitivité dépendant, on l’a dit, de la qualité des relations internes et externes avec les parties prenantes, que l’Etat, premier employeur du pays, donne l’exemple ! Un management par le sens redynamiserait les personnels.

Le problème n’est pas de réduire le nombre de fonctionnaires, mais de leur permettre de produire ensemble plus de valeur pour le bien commun. Le corollaire serait que l’Etat place à la tête des établissements publics des personnalités choisies pour leurs aptitudes à écouter et mobiliser, au lieu de caser les anciens membres des cabinets ministériels.

La cinquième mesure concerne la méthode de la réforme. Les organisations, pas plus que la société, ne se réforment par décret. Agissons au niveau des pratiques quotidiennes. Généralisons une méthode de créativité éprouvée, l’analyse de la valeur. Elle contraint à la transparence des objectifs qui doivent être spécifiés, elle soumet les solutions pour les atteindre à une libre critique des fonctions concernées, en amont et en aval.

D’où moins de buts inavoués, plus de créativité, de spectaculaires économies, une qualité de service améliorée. Cette généralisation permettrait une vraie simplification administrative. Un manifeste de 800 experts et entrepreneurs (http://chn.ge/1jHeYnH) l’avait en vain réclamé en 2014. L’année précédente, le président Obama l’avait imposée à son administration. Mais là-bas, le président lui-même savait ce qu’était le « value management ». Ce n’est pas encore le cas en France !

 

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François Dupuy: un énorme pas en arrière!

« Un énorme pas en arrière » ainsi le sociologue François Dupuy qualifie-t-il le retour de la bureaucratie dans les grandes entreprises. Passionnant, le déjeuner organisé aujourd’hui par Rumeur publique autour de Sylvain Cazard, DG France de VMWare leader de la virtualisation informatique, de Mado Bourgoin, DT de VMWare, d’Audrey-Laure Begrenthal, créatrice de la start-up EUVEKA qui bouleverse le travail de la mode et du textile avec un mannequin robotisé et équipé de capteurs. Mais je parlerai ici aujourd’hui surtout de ce que nous a apporté le témoignage de François Dupuy qui a évoqué aussi notre maître disparu Michel Crozier. Car les problèmes demeurent, ce sont à chaque mutation technique des problèmes essentiellement organisationnels et humains, du ressort du sociologue. Parfois aussi des soins psychiatriques en clinique, hélas.
François Dupuy constate que beaucoup d’entreprises font de l’Internet des objets sans le comprendre complètement, sans s’en rendre bien compte parfois et sans avoir assez anticipé. Il estime que toute mutation technique exige de l’anticipation stratégique et organisationnelle.

Stratégique parce que le recueil et la gestion des données si elles sont exploitées par un nouvel acteur peut transformer le propriétaire d’un réseau ou le fabricant d’une machine en faire-valoir. François Dupuy a donné sans nommer l’entreprise un exemple que l’on ne peut divulguer, mais j’ai cité General Electric qui devient un gestionnaire pendant tout le cycle de vie des moteurs et équipements qu’il produit et garni de capteurs.

Anticipation organisationnelle parce que le numérique ne peut être pleinement valorisé que si l’on échappe à une organisation pire que taylorienne, cloisonnée en silos. Les gens sont isolés dans ces silos et travaillent non pas ensemble mais de façon séquentielle. La question centrale, martèle François Dupuy, est d’introduire de la coopération, pas de la coordination hiérarchique. Contrairement à ce qu’on raconte dans les Business School, la coopération, c’est difficile à mettre en pratique!
Beaucoup de ces points sont évoqués dans mon article Comment produirons-nous demain ? Futuribles, novembre 2015, et dans Sept défis pour les entreprises et le travail , Futuribles novembre 2016.

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La valeur de la pointe molle…

Longtemps, j’ai utilisé un smartphone Samsung Galaxy Note 2, équipé d’un stylet incorporé. J’ai perdu le stylet, puis j’ai dû changer de téléphone, ayant en confiance imprudemment accepté une mise à jour qui a bloqué le Note 2. Obsolescence programmée par les grands constructeurs…jusqu’à une réaction assez forte des consommateurs.

Mon nouveau Galaxy A5 n’ayant pas de stylet, j’ai voulu en acheter un. Mais pas à n’importe quel prix. Un magasin de la Défense m’a présenté un stylet Samsung à 39 euros. La Fnac[1] vend des Stylets Samsung à 60 euros environ et, comme intermédiaire, en propose aussi pour une trentaine d’euros.

Sur Amazon, on trouve des Samsung S-Pen Stylet pour Samsung Galaxy Note 3 à 12,90 euros[2] ou des B & D Stylus Stylet[3] au prix passé de 18 à 9 euros. Darty[4] vend un stylet Temium black à 9,9 euros et un stylet Microsoft à 64,99 euros, il est vrai équipé de Blutooth. Quant à Apple, pour une centaine d’euros, il offre un Apple Pencil adapté à son Ipad Pro…

Finalement, dans un bazar indien, j’ai dégoté un Bic Cristal Stylus à 1,9 euros… à la fois crayon à bille identique aux Bic cristal et, en plus, stylet ! Deux fonctions réunies. Ce que j’ai acheté, vous avez deviné. Depuis, j’ai découvert un Stylus Pentel, à la fois stylo à bille et stylet, à 3,3 euros. La papetière précise qu’il se vend bien, notamment parce qu’il n’est pas sous blister, à la différence du Bic : « Les clients aiment bien toucher et essayer » a-t-elle expliqué. Sur Amazon, on trouve le Stylus Bic à 5,50 euros les 3 et le Stylus de Pentel pour 21,90 euros le lot de 12[5] .

Que peut-on en conclure ? Que les grandes marques essayent de vendre moins qu’une fonction, leur griffe au prix fort. Dans sa gamme Note, Samsung exploite la complémentarité avec le téléphone comme les constructeurs automobiles imposent des prix très élevés à leurs pièces détachées. Des acteurs extérieurs (pour le moment) au monde informatique offrent deux fonctions, l’écriture à encre et celle digitale, à des prix dramatiquement plus bas. Bic s’est (provisoirement ?) retiré, n’ayant pas réussi à toucher le client. A-t-il suffisamment mis en évidence la fonction digitale pas visible pour un acheteur pressé, tellement le stylet Bic ressemble à une pointe Bic classique ? J’en doute. Les circuits de la grande distribution n’y ont pas vu leur intérêt. Pentel lui persévère, apparemment avec succès. Pour le consommateur, il est évident que les solutions de Bic, Pentel et, sans doute, d’autres fabricants de crayons à bille, feutre et, pourquoi pas, à mine -une idée gratuite pour ces derniers- apportent plus de valeur que les stylets purement digitaux à un prix bien plus raisonnable. A eux de trouver les bonnes formules pour en faire un vecteur de pénétration du marché de l’équipement informatique. Encore faut-il qu’ils fassent un effort suffisant de communication pédagogique. Les spécialistes de l’analyse de la valeur parlent souvent de la valeur créée pour le client. Or, la seule valeur qui compte est celle perçue par le client. Les fabricants de stylets-crayons devraient aussi examiner les possibilités d’en faire des produits d’appel pour vendre d’autres articles ou des ensembles cohérents de produits complémentaires. Qu’ils méditent sur le théorème des blinis : pour mieux vendre en France des bouteilles de Vodka, on peut les placer au rayon poissonnerie à côté d’un ensemble de blinis, crème fraîche, saumon et/ou œufs de poisson, voire de CD de musique folklorique russe. Le client achètera le projet d’un souper slave et chaque article sera bien plus attractif à côté des autres qu’isolé dans son rayon à lui….

André-Yves Portnoff

relu et corrigé par Arlette Portnoff…9k fourniture-scolaire-stylo-et-stylet-bic-cristal-stylus-jpgmaxh405maxw5409k

26 février 2017

[1]http://recherche.fnac.com/SearchResult/ResultList.aspx?SCat=0%211&Search=samsung+stylet&sft=1&sa=0

[2] https://www.amazon.fr/Samsung-S-Pen-Stylet-pour-Galaxy/dp/B00FAD74KQ/ref=sr_1_3?s=computers&ie=UTF8&qid=1488137748&sr=1-3&keywords=stylet+samsung

[3] https://www.amazon.fr/Tactile-Capacitif-Embouts-Rechange-Tablette/dp/B00CPQJFFS/ref=sr_1_4?s=computers&ie=UTF8&qid=1488137531&sr=1-4&keywords=stylet+samsung

[4]http://www.darty.com/nav/achat/informatique/accessoire_tablette/autres_accessoires_pour_tablette/temium_style_a_stylus_black.html

[5] https://www.amazon.fr/Pentel-Stylo-bille-stylet-Stylus/dp/B01AP8NSG4

 

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Rembrandt intime

L’exposition Rembrandt intime au Jacquemart-André (http://musee-jacquemart-andre.com/sites/default/files/dp_rembrandt_v3_bd_002.pdf ) a été une bonne occasion de revoir l’oeuvre de celui que mon père, l’impressioniste russe Michel Portnoff, considérait comme le plus grand peintre. La finesse de son dessin, ses gravures et ses peintures, par exemple son « Repas des pèlerins d’Emmaüs » (1629) est tout à fait extraordinaire. Comment réussissait-il à travailler avec une telle précision que nous devons regarder de près et avec de bons yeux pour l’apprécier! Il s’agit souvent de petites oeuvres, les « pèlerins » ne mesurent que 37,4 x 42,3 cm. Quel contraste entre le travail d’un Rembrandt (1606-1669) et le n’importe quoi de tant de nos prétendus artistes! Quelle maîtrise aussi dans le traitement des drapés, des étoffes, que Rembrandt, consciencieux, décrit avec une minutieuse précision mais, en très grand maître, il ne laisse pas cette précision rendre sec le rendu, à la différence de tant d’artistes qui souvent confiaient un travail jugé rébarbatif à leurs aides. Sous le pinceau de Rembrandt, les étoffes vivent, nous font sentir leur toucher et la lumière qui glissent sur elles.

Le plus émouvant de l’exposition, ce sont les oeuvres de la maturité, comme le « Portrait du docteur Arnold Tholinx » ( 1656 ), le portrait de son charmant fils « Titus lisant » (Vers 1656 – 1658) ou celui de sa dernière compagne, Hendrickje Stoffels. Dans ces tableaux d’une très grande liberté de touche, l’artiste peint la vie et démontre la vanité des classifications. Classique, impressioniste? Rembrandt est simplement un artiste exceptionnel qui transmet à qui prend la peine d elle regarder son émotion, au delà des siècles. C’est tout simplement cela, l’Art.

Une remarque: le musée, comme dans la plupart des expositions temporaires, interdisait la photo. C’est anachronique. Photographier, aujourd’hui, à l’ère du numérique, c’est prendre des notes. Cela permet de mémoriser et partager tel détail révélateur. Car il faut à la fois regarder l’ensemble d’un tableau et scruter ses détails, pour suivre la touche, la main de l’artiste. Comme pour comprendre tout système complexe…

 

 

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Studenti veneziani : si alla sinergia, al lavorare insieme solidali, alla tolleranza e alla libertà di pensiero.

VENEZIA 11.01.2017. FOTOATTUALITA'. LICEO MARCO POLO. PRIMO INCONTRO DEL FESTIVAL "FUTURIBILI" AL LICEO MARCO POLO CON IL PROF. ANDRE'-YVES PORTNOFF.NELLA FOTO: IL TAVOLO DEI RELATORI DURANTE L'INTERVENTO DEL PROF. PORTNOFF.

VENEZIA 11.01.2017. FOTOATTUALITA’. LICEO MARCO POLO. PRIMO INCONTRO DEL FESTIVAL « FUTURIBILI » AL LICEO MARCO POLO CON IL PROF. ANDRE’-YVES PORTNOFF.NELLA FOTO: IL TAVOLO DEI RELATORI DURANTE L’INTERVENTO DEL PROF. PORTNOFF.

L’undici gennaio scorso, ho inaugurato un ciclo di conferenze lanciato al Liceo Marco Polo di Venezia, dal Gazzettino, la libreria La Toletta e ConCave. Si chiama il Festival della prospettiva – I futuribili http://live.comune.venezia.it/it/article/da-mercoled-11-gennaio-al-il-festival-della-prospettiva-i-futuribili

Nella mia conferenza mi sono basato sul esempio di come Venezia è diventata alla fine del Quattrocento la capitale mondiale dell’editoria. Di come Aldo Manuzio, venuto dal Lazio, amico di Picco della Mirandola, ha inventato il libro moderno, grazie alla sua empatia per gli lettori e la sua volontà di divulgherei i scritti di Aristotele per liberare le menti europee dal dogmatismo medievale. Venezia riuniva quattro atouts: aveva un eccezionale libertà di pensiero, era tollerante, accogliente per gli stranieri, possedeva i dirigenti più colti e meno corrotti di tutta l’Europa. Questo sono ancora le condizioni per rendere creativo un territorio ed permetterli di svilupparsi nel lungo termine. Se gli Europei decidano di costruire di nuovo queste quattro condizioni, comincerà nostro nuovo Rinascimento.

Tutto dipende dai nostri valori, nostra volontà, nostra visione.

Come hanno reagito i studenti presenti? Gli abbiamo invitato  a scrivere su un post-it, alla fine della conferenza, l’idea che sembrava a ciascuno la più interessante.

Su 40 post-it,

  • 14 mettevano in avanti le idee di  sinergia, cooperazione per creare assieme più valore.
    Vari di questi 14 insistono sull’empatia, il lavorare insieme. Hanno presto assimilato il concetto di complessità che fa paura a tanti adulti: « il valore del insieme è differente dei valori individuali », e dunque « il come è più importante che il cosa o il quanto ». Sono più maturi che assai dirigenti e specialisti…
  • 10 post-it mettono in avanti « libertà di pensiero, tolleranza : la differenza è ricchezza »
    Hanno perfettamente capito il rapporto tra creatività, innovazione e tolleranza.
  • insistono sulla « la rivoluzione dell’immateriale », nozione per tanto ancora estranea alla maggior parte dei commentatori e esperti in economia, accecati dalla rivoluzione del digitale.
  • 6 insistano sull’importanza dell’ « ecologia, vivere con la natura » che gli avevo presentato commentando la tempesta di Giorgione e l’Editto di Egnazio, l’amico del Manuzio.
  • 3 hanno « votato » per il capitalismo illuminato, di lungo termine.
  • 1 ha scritto che « l’umano (è la) chiave per costruire uno futuro possibile
  • 1 solo pessimista ha scritto che non crede più nel l’uomo.
    Queste reazione spontanee in un ora di conferenza sono simile e forse anche più forte ed incoraggiante che quelle che ho l’abitudine di osservare dopo interventi più lunghi davanti imprenditori e professionisti.
    Trovo questo molto positivo ed incoraggiante.
    Hanno una grande apertura e maturità. Aiutiamoli a costruire un bel futuro possibile, per loro, per Venezia e la nostra vecchia Europa. L’Europa dei nostri valori, quella del Manuzio, del Giorgione, di Leonardo, Vico, Vivaldi, Goethe, Beethoven, Voltaire e tanti altri…

Mia conferenza era ispirata da un articolo scritto con la mia moglie Arlette Portnoff nella rivista di prospettiva francese Futuribles https://www.futuribles.com/fr/revue/414/comment-une-terre-devient-creative-une-lecon-venit/

Leggere anche l’articolo di Tomaso Borzomi nel Gazzettino del 13 gennaio 2017, pagine IV e V: « E al Marco Polo, il futuro lo fanno i studenti. Al liceo veneziano i dialoghi con i « guru » della prospettiva. I ragazzi hanno indicato i lori valori ». E la prenotazione del progetto da Davide Scalzotto nel Gazzettino del 10 gennaio, pagine I e VI: « La sfida dei diciassettenni ».20170112_115442 2017gazzettino-10-01-1 2017gazzettino-10-01-2jpg

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gli Orti di Venezia : una piccola impresa che investe nella cultura

La rivista Dirigeant pubblicata dal CJD (Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprises) francese , ha consacrato, nel suo numero d’ottobre-novembre 2016, vari articoli agli imprenditori che agiscono da cittadini. Ha citato, fra diversi imprenditori esemplari tutti francesi, due Italiani, Marina e Paolo Tamai, che hanno creato Gli Orti di Venezia.
Il CJD riunisce 4500 imprenditori, in maggiorità dirigenti di piccole imprese, che condividono valori di responsabilità ed intendono “mettere l’economia al servizio dell’uomo”.

Perché dobbiamo investire nella cultura
Marina e Paolo Tamai, due imprenditori del Veneto, si sono impegnati nel restauro del patrimonio artistico e la sua riappropriazione dalla parte dei cittadini. La cultura delle insalate può anche diffondere della Cultura: gli acquirenti delle loro insalate sotto busta con la marca Orti di Venezia sanno che il loro acquisto finanza un restauro. Tutto è iniziato nel 2010 con il rinnovo della molto popolare statua del Gobbo accanto del ponte di Rialto a Venezia. Poi i Tamai hanno finanziato il restauro della statua del Pescatore, al Mercato del Rialto, e, più recentemente, del busto del doge Antonio Gradenigo Gay (1686 -1769) e di uno dei portali sommitali della Scala d’Oro al Palazzo Ducale di Venezia. Cosi i supermercati diventano luoghi di mediazione culturale, dove molti clienti hanno la loro attenzione attirata verso delle opere delle quale avevano spesso dimenticato l’esistenza, se le avevano conosciute… Questo risponde anche ad un problema attuale della grande distribuzione: come proporre un qualcosa di più che il commercio on-line?
I Tamai hanno organizzato, con due reti di negozi Coop, delle visite a prezzo ridotto, a Venezia, Trieste e Mesola, di tre musei che ospitano opere di Cesare Laurenti (1854-1936), il scultore del Pescatore al Rialto. Il contatto con i Musei di Trieste ha fatto nascere un’altra iniziativa intitolata « Adotta una pinacoteca. » Molti dipinti dormono nelle riserve dei musei. Paolo e Marina Tamai si sono associati a Coop Alleanza 3.0 per creare gli Orti di Venezia per Trieste e restaurare sei importanti dipinti. Questo permetterà di aprire al pubblico un piano del orti_di_venezia_per_triestepasqualino-veneto . Quest’operazione d’un bilancio totale di 25.000 euro da del lavoro a quattro laboratori di restauro locali. I Tamai dimostrano che un’impresa cittadina può investire nella Cultura affinché suo proprio sviluppo vada di pari con quello del capitale immateriale del territorio reso più attraente per i suoi residenti e per i visitatori.
André-Yves Portnoff
Nel Dirigeant n°115, ottobre-novembre 2016
Traduzione Arlette Portnoff

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