La valeur de la pointe molle…

Longtemps, j’ai utilisé un smartphone Samsung Galaxy Note 2, équipé d’un stylet incorporé. J’ai perdu le stylet, puis j’ai dû changer de téléphone, ayant en confiance imprudemment accepté une mise à jour qui a bloqué le Note 2. Obsolescence programmée par les grands constructeurs…jusqu’à une réaction assez forte des consommateurs.

Mon nouveau Galaxy A5 n’ayant pas de stylet, j’ai voulu en acheter un. Mais pas à n’importe quel prix. Un magasin de la Défense m’a présenté un stylet Samsung à 39 euros. La Fnac[1] vend des Stylets Samsung à 60 euros environ et, comme intermédiaire, en propose aussi pour une trentaine d’euros.

Sur Amazon, on trouve des Samsung S-Pen Stylet pour Samsung Galaxy Note 3 à 12,90 euros[2] ou des B & D Stylus Stylet[3] au prix passé de 18 à 9 euros. Darty[4] vend un stylet Temium black à 9,9 euros et un stylet Microsoft à 64,99 euros, il est vrai équipé de Blutooth. Quant à Apple, pour une centaine d’euros, il offre un Apple Pencil adapté à son Ipad Pro…

Finalement, dans un bazar indien, j’ai dégoté un Bic Cristal Stylus à 1,9 euros… à la fois crayon à bille identique aux Bic cristal et, en plus, stylet ! Deux fonctions réunies. Ce que j’ai acheté, vous avez deviné. Depuis, j’ai découvert un Stylus Pentel, à la fois stylo à bille et stylet, à 3,3 euros. La papetière précise qu’il se vend bien, notamment parce qu’il n’est pas sous blister, à la différence du Bic : « Les clients aiment bien toucher et essayer » a-t-elle expliqué. Sur Amazon, on trouve le Stylus Bic à 5,50 euros les 3 et le Stylus de Pentel pour 21,90 euros le lot de 12[5] .

Que peut-on en conclure ? Que les grandes marques essayent de vendre moins qu’une fonction, leur griffe au prix fort. Dans sa gamme Note, Samsung exploite la complémentarité avec le téléphone comme les constructeurs automobiles imposent des prix très élevés à leurs pièces détachées. Des acteurs extérieurs (pour le moment) au monde informatique offrent deux fonctions, l’écriture à encre et celle digitale, à des prix dramatiquement plus bas. Bic s’est (provisoirement ?) retiré, n’ayant pas réussi à toucher le client. A-t-il suffisamment mis en évidence la fonction digitale pas visible pour un acheteur pressé, tellement le stylet Bic ressemble à une pointe Bic classique ? J’en doute. Les circuits de la grande distribution n’y ont pas vu leur intérêt. Pentel lui persévère, apparemment avec succès. Pour le consommateur, il est évident que les solutions de Bic, Pentel et, sans doute, d’autres fabricants de crayons à bille, feutre et, pourquoi pas, à mine -une idée gratuite pour ces derniers- apportent plus de valeur que les stylets purement digitaux à un prix bien plus raisonnable. A eux de trouver les bonnes formules pour en faire un vecteur de pénétration du marché de l’équipement informatique. Encore faut-il qu’ils fassent un effort suffisant de communication pédagogique. Les spécialistes de l’analyse de la valeur parlent souvent de la valeur créée pour le client. Or, la seule valeur qui compte est celle perçue par le client. Les fabricants de stylets-crayons devraient aussi examiner les possibilités d’en faire des produits d’appel pour vendre d’autres articles ou des ensembles cohérents de produits complémentaires. Qu’ils méditent sur le théorème des blinis : pour mieux vendre en France des bouteilles de Vodka, on peut les placer au rayon poissonnerie à côté d’un ensemble de blinis, crème fraîche, saumon et/ou œufs de poisson, voire de CD de musique folklorique russe. Le client achètera le projet d’un souper slave et chaque article sera bien plus attractif à côté des autres qu’isolé dans son rayon à lui….

André-Yves Portnoff

relu et corrigé par Arlette Portnoff…9k fourniture-scolaire-stylo-et-stylet-bic-cristal-stylus-jpgmaxh405maxw5409k

26 février 2017

[1]http://recherche.fnac.com/SearchResult/ResultList.aspx?SCat=0%211&Search=samsung+stylet&sft=1&sa=0

[2] https://www.amazon.fr/Samsung-S-Pen-Stylet-pour-Galaxy/dp/B00FAD74KQ/ref=sr_1_3?s=computers&ie=UTF8&qid=1488137748&sr=1-3&keywords=stylet+samsung

[3] https://www.amazon.fr/Tactile-Capacitif-Embouts-Rechange-Tablette/dp/B00CPQJFFS/ref=sr_1_4?s=computers&ie=UTF8&qid=1488137531&sr=1-4&keywords=stylet+samsung

[4]http://www.darty.com/nav/achat/informatique/accessoire_tablette/autres_accessoires_pour_tablette/temium_style_a_stylus_black.html

[5] https://www.amazon.fr/Pentel-Stylo-bille-stylet-Stylus/dp/B01AP8NSG4

 

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Rembrandt intime

L’exposition Rembrandt intime au Jacquemart-André (http://musee-jacquemart-andre.com/sites/default/files/dp_rembrandt_v3_bd_002.pdf ) a été une bonne occasion de revoir l’oeuvre de celui que mon père, l’impressioniste russe Michel Portnoff, considérait comme le plus grand peintre. La finesse de son dessin, ses gravures et ses peintures, par exemple son « Repas des pèlerins d’Emmaüs » (1629) est tout à fait extraordinaire. Comment réussissait-il à travailler avec une telle précision que nous devons regarder de près et avec de bons yeux pour l’apprécier! Il s’agit souvent de petites oeuvres, les « pèlerins » ne mesurent que 37,4 x 42,3 cm. Quel contraste entre le travail d’un Rembrandt (1606-1669) et le n’importe quoi de tant de nos prétendus artistes! Quelle maîtrise aussi dans le traitement des drapés, des étoffes, que Rembrandt, consciencieux, décrit avec une minutieuse précision mais, en très grand maître, il ne laisse pas cette précision rendre sec le rendu, à la différence de tant d’artistes qui souvent confiaient un travail jugé rébarbatif à leurs aides. Sous le pinceau de Rembrandt, les étoffes vivent, nous font sentir leur toucher et la lumière qui glissent sur elles.

Le plus émouvant de l’exposition, ce sont les oeuvres de la maturité, comme le « Portrait du docteur Arnold Tholinx » ( 1656 ), le portrait de son charmant fils « Titus lisant » (Vers 1656 – 1658) ou celui de sa dernière compagne, Hendrickje Stoffels. Dans ces tableaux d’une très grande liberté de touche, l’artiste peint la vie et démontre la vanité des classifications. Classique, impressioniste? Rembrandt est simplement un artiste exceptionnel qui transmet à qui prend la peine d elle regarder son émotion, au delà des siècles. C’est tout simplement cela, l’Art.

Une remarque: le musée, comme dans la plupart des expositions temporaires, interdisait la photo. C’est anachronique. Photographier, aujourd’hui, à l’ère du numérique, c’est prendre des notes. Cela permet de mémoriser et partager tel détail révélateur. Car il faut à la fois regarder l’ensemble d’un tableau et scruter ses détails, pour suivre la touche, la main de l’artiste. Comme pour comprendre tout système complexe…

 

 

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Studenti veneziani : si alla sinergia, al lavorare insieme solidali, alla tolleranza e alla libertà di pensiero.

VENEZIA 11.01.2017. FOTOATTUALITA'. LICEO MARCO POLO. PRIMO INCONTRO DEL FESTIVAL "FUTURIBILI" AL LICEO MARCO POLO CON IL PROF. ANDRE'-YVES PORTNOFF.NELLA FOTO: IL TAVOLO DEI RELATORI DURANTE L'INTERVENTO DEL PROF. PORTNOFF.

VENEZIA 11.01.2017. FOTOATTUALITA’. LICEO MARCO POLO. PRIMO INCONTRO DEL FESTIVAL « FUTURIBILI » AL LICEO MARCO POLO CON IL PROF. ANDRE’-YVES PORTNOFF.NELLA FOTO: IL TAVOLO DEI RELATORI DURANTE L’INTERVENTO DEL PROF. PORTNOFF.

L’undici gennaio scorso, ho inaugurato un ciclo di conferenze lanciato al Liceo Marco Polo di Venezia, dal Gazzettino, la libreria La Toletta e ConCave. Si chiama il Festival della prospettiva – I futuribili http://live.comune.venezia.it/it/article/da-mercoled-11-gennaio-al-il-festival-della-prospettiva-i-futuribili

Nella mia conferenza mi sono basato sul esempio di come Venezia è diventata alla fine del Quattrocento la capitale mondiale dell’editoria. Di come Aldo Manuzio, venuto dal Lazio, amico di Picco della Mirandola, ha inventato il libro moderno, grazie alla sua empatia per gli lettori e la sua volontà di divulgherei i scritti di Aristotele per liberare le menti europee dal dogmatismo medievale. Venezia riuniva quattro atouts: aveva un eccezionale libertà di pensiero, era tollerante, accogliente per gli stranieri, possedeva i dirigenti più colti e meno corrotti di tutta l’Europa. Questo sono ancora le condizioni per rendere creativo un territorio ed permetterli di svilupparsi nel lungo termine. Se gli Europei decidano di costruire di nuovo queste quattro condizioni, comincerà nostro nuovo Rinascimento.

Tutto dipende dai nostri valori, nostra volontà, nostra visione.

Come hanno reagito i studenti presenti? Gli abbiamo invitato  a scrivere su un post-it, alla fine della conferenza, l’idea che sembrava a ciascuno la più interessante.

Su 40 post-it,

  • 14 mettevano in avanti le idee di  sinergia, cooperazione per creare assieme più valore.
    Vari di questi 14 insistono sull’empatia, il lavorare insieme. Hanno presto assimilato il concetto di complessità che fa paura a tanti adulti: « il valore del insieme è differente dei valori individuali », e dunque « il come è più importante che il cosa o il quanto ». Sono più maturi che assai dirigenti e specialisti…
  • 10 post-it mettono in avanti « libertà di pensiero, tolleranza : la differenza è ricchezza »
    Hanno perfettamente capito il rapporto tra creatività, innovazione e tolleranza.
  • insistono sulla « la rivoluzione dell’immateriale », nozione per tanto ancora estranea alla maggior parte dei commentatori e esperti in economia, accecati dalla rivoluzione del digitale.
  • 6 insistano sull’importanza dell’ « ecologia, vivere con la natura » che gli avevo presentato commentando la tempesta di Giorgione e l’Editto di Egnazio, l’amico del Manuzio.
  • 3 hanno « votato » per il capitalismo illuminato, di lungo termine.
  • 1 ha scritto che « l’umano (è la) chiave per costruire uno futuro possibile
  • 1 solo pessimista ha scritto che non crede più nel l’uomo.
    Queste reazione spontanee in un ora di conferenza sono simile e forse anche più forte ed incoraggiante che quelle che ho l’abitudine di osservare dopo interventi più lunghi davanti imprenditori e professionisti.
    Trovo questo molto positivo ed incoraggiante.
    Hanno una grande apertura e maturità. Aiutiamoli a costruire un bel futuro possibile, per loro, per Venezia e la nostra vecchia Europa. L’Europa dei nostri valori, quella del Manuzio, del Giorgione, di Leonardo, Vico, Vivaldi, Goethe, Beethoven, Voltaire e tanti altri…

Mia conferenza era ispirata da un articolo scritto con la mia moglie Arlette Portnoff nella rivista di prospettiva francese Futuribles https://www.futuribles.com/fr/revue/414/comment-une-terre-devient-creative-une-lecon-venit/

Leggere anche l’articolo di Tomaso Borzomi nel Gazzettino del 13 gennaio 2017, pagine IV e V: « E al Marco Polo, il futuro lo fanno i studenti. Al liceo veneziano i dialoghi con i « guru » della prospettiva. I ragazzi hanno indicato i lori valori ». E la prenotazione del progetto da Davide Scalzotto nel Gazzettino del 10 gennaio, pagine I e VI: « La sfida dei diciassettenni ».20170112_115442 2017gazzettino-10-01-1 2017gazzettino-10-01-2jpg

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

gli Orti di Venezia : una piccola impresa che investe nella cultura

La rivista Dirigeant pubblicata dal CJD (Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprises) francese , ha consacrato, nel suo numero d’ottobre-novembre 2016, vari articoli agli imprenditori che agiscono da cittadini. Ha citato, fra diversi imprenditori esemplari tutti francesi, due Italiani, Marina e Paolo Tamai, che hanno creato Gli Orti di Venezia.
Il CJD riunisce 4500 imprenditori, in maggiorità dirigenti di piccole imprese, che condividono valori di responsabilità ed intendono “mettere l’economia al servizio dell’uomo”.

Perché dobbiamo investire nella cultura
Marina e Paolo Tamai, due imprenditori del Veneto, si sono impegnati nel restauro del patrimonio artistico e la sua riappropriazione dalla parte dei cittadini. La cultura delle insalate può anche diffondere della Cultura: gli acquirenti delle loro insalate sotto busta con la marca Orti di Venezia sanno che il loro acquisto finanza un restauro. Tutto è iniziato nel 2010 con il rinnovo della molto popolare statua del Gobbo accanto del ponte di Rialto a Venezia. Poi i Tamai hanno finanziato il restauro della statua del Pescatore, al Mercato del Rialto, e, più recentemente, del busto del doge Antonio Gradenigo Gay (1686 -1769) e di uno dei portali sommitali della Scala d’Oro al Palazzo Ducale di Venezia. Cosi i supermercati diventano luoghi di mediazione culturale, dove molti clienti hanno la loro attenzione attirata verso delle opere delle quale avevano spesso dimenticato l’esistenza, se le avevano conosciute… Questo risponde anche ad un problema attuale della grande distribuzione: come proporre un qualcosa di più che il commercio on-line?
I Tamai hanno organizzato, con due reti di negozi Coop, delle visite a prezzo ridotto, a Venezia, Trieste e Mesola, di tre musei che ospitano opere di Cesare Laurenti (1854-1936), il scultore del Pescatore al Rialto. Il contatto con i Musei di Trieste ha fatto nascere un’altra iniziativa intitolata « Adotta una pinacoteca. » Molti dipinti dormono nelle riserve dei musei. Paolo e Marina Tamai si sono associati a Coop Alleanza 3.0 per creare gli Orti di Venezia per Trieste e restaurare sei importanti dipinti. Questo permetterà di aprire al pubblico un piano del orti_di_venezia_per_triestepasqualino-veneto . Quest’operazione d’un bilancio totale di 25.000 euro da del lavoro a quattro laboratori di restauro locali. I Tamai dimostrano che un’impresa cittadina può investire nella Cultura affinché suo proprio sviluppo vada di pari con quello del capitale immateriale del territorio reso più attraente per i suoi residenti e per i visitatori.
André-Yves Portnoff
Nel Dirigeant n°115, ottobre-novembre 2016
Traduzione Arlette Portnoff

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Quatre conditions du développement créatif

Quels sont les facteurs qui permettent un développement fondé sur la créativité et l’innovation? La Venise de la fin du XVe, devenue capitale de l’édition mondiale, nous apporte la réponse: elle était accueillante pour les étrangers, tolérante, cumulait trois records mondiaux: la ville la plus cosmopolite du monde, les dirigeants les plus cultivés et donc respectueux des créatifs, l’Etat le moins corrompu de l’époque. Ce contexte avait attiré Aldo Manuzio, le professeur de latin-grec, ami de Pic de la Mirandole et d’Erasmo, qui s’est fait entrepreneur, imprimeur et a inventé l’édition moderne, le livre facile et agréable à lire, transportable en voyage. Tout cela non pour s’enrichir mais pour délivrer les esprits européens des fanatismes et des dogmatismes. Venise a perdu son rang de capitale de l’édition dès que l’Inquisition lui a imposé la censure et altéré la liberté de pensée. Sommes-nous capables de reconstruire les quatre conditions qui ont fait de Venise la Sillicon Valley du livre? Notre Renaissance durable est à portée de volonté. Notre avenir ne dépend que de nous. Ayons le courage de saisir cette chance!

Yes, we can!

Arlette et André-Yves Portnoff.

Article publié dans Futuribles de septembre-octobre 2016.http://www.dailymotion.com/video/x4uo7ep_comment-une-terre-devient-creative-une-lecon-venitienne-arlette-et-andre-yves-portnoff-futuribles-09_tech?utm_source=notification&utm_medium=direct&utm_campaign=newvideoupl

 

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Come un territorio diventa creativo: le lezioni che ci manda Aldo Manuzio

Questo articolo riprende le grande lignee di Comment une terre devient créative. Une leçon vénitienne, pubblicato nella rivista Futuribles n° 414, settembre-ottobre 2016. https://www.futuribles.com/fr/revue/414/

E’ bene celebrare i cinque cento anni della morte del Manuzio, ma bisognerebbe tirare le lezioni molto attuali che ci trasmette l’inventore dell’editoria moderna. Come Aldo Manuzio e gli altri imprenditori umanisti sono riuscito a costruire la Silicon Valley del libro alla fine del 400? Cosa, oggi, possiamo fare per rilanciare nostro sviluppo e mostrarsi degni di questo passato?

Un impegno politico 

Non dobbiamo occultatore la dimensione politica, oltre culturale, dell’argomento. Ci sarebbe piaciuto leggere all’entrata della bella mostra consacrata dall’Accademia a Manuzio[1] : «… se si maneggiassero di più̀ i libri che le armi, non si vedrebbero tante stragi, tanti misfatti e tante brutture, tanta insipida e tetra lussuria». [2] Non è per caso che Aldo a fatto scrivere all’ingresso della sua prima stamperia questa frase che esprime il suo pieno impegno civico, politico.

Ricordiamo che Aldo Manuzio e i suoi amici umanisti, in particolare Pico della Mirandola, non cercavano un rifugio nell’erudizione per scapare da una pesante attualità fatta di guerre e drammi ; avevano al contrario degli obiettivi culturali e politici strettamente legati, intrecciati, che sono sempre attuali. Pico della Mirandola ha scritto un libro sulla dignità dell’essere umano[3] ed è forse stato avvelenato perché difendeva il diritto di ciascuno ad usare la sua propria intelligenza ed esercitare il suo libero arbitrio.

Questo rimane più d’attualità che mai.

Per il Bene pubblico

Questi umanisti avevano dei valori, in particolare la prevalenza data al bene pubblico, che sarebbero più necessario oggi che mai. Il suo intento era di « dedicare la vita al vantaggio dell’umanità »[4]. La conoscenza della letteratura greca era una « necessità » per i giovani e per gli adulti in « tempi tumultuosi e tristi in cui è più comune l’uso delle armi che quello dei libri ».

Aldo sperava, scrive Tiziana Plebani[5], far argine alle armi con le idee ed offrire così agli uomini «la speranza di tempi migliori grazie ai molti buoni libri che usciranno stampati, e dai quali, ci auguriamo, sarà spazzata via una buona volta ogni barbarie» (Aristotele Opere logiche,1495). Questo deve farci riflettere in questo periodo di terrorismo mondiale : non bastano le risposte militare e poliziesche. L’arma principale è la cultura, dunque si costruisce nella Scuola.

Liberare le mente

Aldo era persuaso della necessità di diffondere le opere dell’Aristotele, che raccomanda di confrontare le idee all’osservazione della realtà. Questo si oppone al diktat teologico secondo il quale si deve accettare senza discutere la realtà rivelata dai rappresentanti di Dio: i poteri religiosi e feudali. Senza questa liberta del pensiero e questo ritorno all’osservazione, non ci sarebbe stato progresso scientifico né rivoluzione industriale. Fare leggere le opere antiche, ed in particolare difendere e diffondere il pensiero di Aristotele, era il mezzo trovato da Manuzio per liberare le mente europee dal dogmatismo medievale che combatterà anche il suo amico Erasmo. Per questo, il pedagogo Manuzio si è trasformato in imprenditore, innovatore, tipografo ed editore. Nello stesso tempo, ha dimostrato che in faccia dell’avido capitalismo di corte termine, esiste un capitalismo di lungo termine mosso da nobili valori ed ambizione. Ancora una lezione più che d’attualità. Un’altra lezione è che Aldo ha sempre lavorato e agito non solo ma in rete, attirando a lui i talenti illuminati dell’Europa nella sua Accademia aldina.

Le risorse creative della Repubblica veneta

Cosi Venezia ha potuto attirare un genio come Aldo Manuzio perché ha riunito, alla fine del Quattrocento, varie condizioni necessarie alla costruzione d’un paese creativo capace di svilupparsi grazia all’innovazione tecnica, imprenditoriale e culturale.

Venezia ha saputo valorizzare l’invenzione tedesca della stampa. La Serenissima è diventata la capitale mondiale del libro, perché ha riunito una massa critica di conoscenze e talenti complementari in letteratura antica, filosofia, storia, lingue antiche e moderne, arti plastiche, tecniche, industria, commercio internazionale,

Questo è stato possibile soltanto perché Venezia era accogliente per gli stranieri e non xenofoba, era la città la più cosmopolita del mondo. Manuzio l’ha definito come un « luogo più simile a un mondo intero che a una città ».[6] Sarebbe stato opportuno di fare per questo il legame tra la mostra sul Manuzio all’Accademia e quella successiva, al palazzo Ducale, sugli Ebrei, dové è per altro esposto un libro portatile, “introduzione alla lingua ebraica” editato dal Manuzio.[7]

C’erano a Venezia una tolleranza, una liberta di pensiero, un’apertura sul mondo, un interesse per gli altri che permettevano di “pensare altrimenti”, dunque d’innovare.

C’erano dirigenti colti, rispettosi della cultura e dei creativi. La Repubblica aveva avuto l’intelligenza d’utilizzare non soltanto l’Università di Padova ma anche le nuove Scuole di Rialto (1408) e della Cancelleria di San Marco (1446)[8].

C’era anche un rigore nell’amministrazione della Repubblica che cacciava la corruzione e gli abusi finanziari a un livello senza pari in tutta l’Europa.

Venezia, capitale mondiale dell’editoria, ha perso la sua preminenza appena una di queste condizioni non è stata più riempita: la liberta d’espressione e di pensiero, sotto la pressione dell’Inquisizione romana, col rogo di migliaia di libri “eretici” nel 1548 ed ebrei nel 1553.

La sfida per noi oggi

Le lezioni più utili che mai che questo episodio della storia veneziana ed europea ci trasmette è evidente. Possiamo, al livello d’una città, d’una regione ed anche della nostra Europa[9], ricostruire le condizioni d’uno sviluppo economico, culturale, politico, anzi, d’un nuovo Rinascimento. Pero dobbiamo riunire certe condizioni:

  • apertura sul mondo, sugli “altri”, tolleranza,
  • attrattività per i talenti anche disturbanti, per i nuovi Manuzio ,
  • liberta di pensiero e d’espressione,
  • una Scuola ed una Pubblica Amministrazione promuovendo questi valori, questi atteggiamenti, insegnando a lavorare in squadra, come Aldo, e non l’uno contro gli altri ?
  • dirigenti colti, capacci d’ascoltare gli altri, d’attirare i creativi e degli imprenditori rispettosi del bene pubblico e di tutte le parti interessate,
  • dei dirigenti politici e amministrativi onesti, col coraggio d’agire nel lungo termine.

A noi d’agire per riunire queste condizioni d’un futuro possibile, d’un futuribile positivo fra tanti futuribili orrendi, come gli illuminati del Quattrocento hanno riuscito a farlo, malgrado tutte le difficolta create da queste guerre e barbarie denunciate dal Manuzio.

Arlette e Andrea Portnoff

Agosto 2016, Venezia.

andre-yves.portnoff@wanadoo.fr

[1] http://www.mostraaldomanuzio.it/exhibition/manuzio

[2] Angelo Colombo, Aldo Manuzio : http://ambrosiana.comperio.it/sites/ambrosiana/assets/Ambrosiana/Manuzio-per-opac.pdf

[3]https://books.google.it/books?id=ttWhxemy4NAC&printsec=frontcover&dq=inauthor:%22Giovanni+Pico+della+Mirandola%22&hl=it&sa=X&ei=6t7RUanDNYmKOMCsgbAI&ved=0CDQQ6AEwAA#v=onepage&q&f=false

[4] Aldo Manuzio, Prefazione alla grammatica greca di Costantino Lascaris, 1495. E Mario Infelise : http://www.treccani.it/enciclopedia/manuzio-aldo-il-vecchio_(Dizionario-Biografico)/

[5] Tiziana Plebani, la voce di Aldo Manuzio: una risorsa per il nostro tempo. https://www.academia.edu/10624229/LA_VOCE_DI_ALDO_MANUZIO_UNA_RISORSA_PER_IL_NOSTRO_TEMPO

[6] Aldo Manuzio, nella prefazione alle opere di Poliziano, poeta, amico di Lorenzo il Magnifico, precettore dei suoi figli.

[7] http://palazzoducale.visitmuve.it/it/mostre/mostre-in-corso/mostra-cinquecentenario-ghetto-venezia/2016/03/17043/venezia-gli-ebrei-e-leuropa/

[8] Marino Zorzi Storia. Il Rinascimento. Politica e cultura – La cultura: DAL MANOSCRITTO AL LIBRO – Volume 4 (1996

http://www.treccani.it/enciclopedia/il-rinascimento-politica-e-cultura-la-cultura-dal-manoscritto-al-libro_(Storia-di-Venezia)/

[9] Cf. Edgar Morin, Mauro Ceruti, La nostra Europa, Raffaello Cortina Editore, Milano, 2013

Publié dans corruption; état de droit;, histoire, politique; économie; chômage; crise; créativité; | Laisser un commentaire

Venise : le « Basta ! » de Davide Scalzotto

Les 10 et 11 août dernier, la police a dû arrêter les voitures qui affluaient vers Venise : il n’y avait plus de place dans les parkings saturés de la piazza di Roma. Une conséquence du tourisme de masse, entretenu, stimulé par politiques et affairistes, qui étouffe Venise, la rendant invivable pour ses habitants, provoquant leur exode. Davide Scalzotto, qui dirige l’édition vénitienne du quotidien Gazzettino, a tiré les leçons de cette péripétie dans un commentaire où il ne mâche pas ses mots : (http://www.ilgazzettino.it/pay/nazionale_pay/venezia_citta_aperta_no_cosi_non_si_puo-1907597.html) «Adesso basta », « A présent, c’en est assez. » « Il n’est plus pensable de procrastiner, il faut une solution systémique à la gestion des flux et au phénomène touristique à Venise. On a fait des études, des propositions à foison, se sont succédés maires et conseillers municipaux, des intentions plus ou moins bonnes, des expériences esquissées et avortées ». Selon Davide Scalzotto, il en va de « la qualité du tourisme » mais surtout de celle de la vie des habitants de Venise et des environs. « Il ne s’agit pas de distribuer les culpabilités, cela fait des décennies que le phénomène n’est pas géré. Il s’agit de regarder le futur et non le passé, de tout repenser, car gérer l’ordinaire ne suffit plus. Les situations d’urgence se succèdent…Il faut des solutions courageuses, créatives et révolutionnaires… » Au lieu de se renvoyer la balle des responsabilités, on a besoin « de la force et du courage d’appliquer des mesures, ce qui s’appelle la Politique ». Et de rappeler qu’une « décision systémique se construit avec les personnes, en mettant de côté conflits institutionnels et jalousies, en écoutant, en impliquant et en décidant. » En écoutant ! Puissent nos élites européennes, trop souvent sourdes, et portées à plastronner de façon machiste, entendre cette recommandation. Davide propose comme objectif final « de faire de Venise la plus moderne des cités antiques ». Qui oserait le contredire ? Personne, du moins publiquement, même parmi ceux qui, depuis un siècle, coulent la cité lagunaire en sacrifiant ses habitants et un patrimoine mondial à leurs intérêts personnels ?

Arlette et André-Yves Portnoff

14 août 2016, Venise

Publié dans corruption; état de droit;, politique; économie; chômage; crise; créativité; | Laisser un commentaire